Portrait de Budoc

Budoc

Chaque rocher portait un nom que Budoc apprendrait plus tard : une fois franchie l’île Logodec, Ronan prenait des alignements pour éviter les écueils que la marée lui cachait. Il fallait naviguer entre Lavredig et Roc'h Kontron, puis longer Roc'h Hir a-bell, puis Roc'h Hir a-Dost, avant d’atteindre la pointe est de Lavrec de Pen Ar Hoadic. Enfin, nous nous dirigions vers la baie formant un port naturel sur la côte est de l’île Lavrec. C’est là que le currach vint s’échouer doucement sur la grève : on était arrivé !

Budoc débarqua sur l’île de Lavrec avec l’impression d’avoir enfin atteint son but, même si tout restait à bâtir. Il s’agenouilla et bénit le lieu dans un geste d’une grande simplicité. Pendant ce temps, ses compagnons s’affairaient déjà à décharger les affaires du bateau. Budoc se retourna et vit Gurwan descendre maladroitement du currach avec le coffre… Budoc se précipita pour le récupérer avant qu’il ne tombe à l’eau.

Budoc dans les sources hagiographiques

Les textes médiévaux ne présentent pas une figure unifiée de Budoc. Les vitae évoquent plusieurs traditions parfois difficiles à concilier. Dans la vie qui lui est consacrée, Budoc aurait été à la fin de son existence évêque de Dôl, successeur de saint Samson (bien que d'autres sources désignent Saint Magloire), sans qu’il soit fait mention de la fondation de l’école monastique de Lavret.

À l’inverse, la Vie de saint Guénolé le présente comme le maître du jeune Guénolé et le fondateur de l’école de Lavret, dans l’archipel de Bréhat. Cette divergence suggère l’existence de plusieurs personnages distincts portant le même nom.

Le roman s’inscrit dans cette zone d’incertitude. Il suit la progression de Saint Budoc selon le récit de sa Vitae, mais choisit d’explorer la figure du fondateur de Lavret, pour donner chair à une mémoire fragmentaire, où l’histoire et la légende s’entrelacent.